RFID Traceability for Healthcare
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Le Matin.ch : Première européenne à Neuchâtel dans la traçabilité des produits sanguins

30/11/2014 - Un système RFID permet de gérer les stocks à distance, de sécuriser la chaîne du froid et d’éviter la destruction prématurée de poches non utilisées.

Le sang est précieux, et les dons ne sont jamais assez nombreux. Afin de gérer au mieux les stocks, le Service régional neuchâtelois et jurassien de transfusion sanguine (SRNJTS) et l’Hôpital de la Providence ont introduit un système de traçabilité – une première européenne – mis au point par une société française, Biolog-id. «Celui-ci repose sur l’utilisation d’étiquettes électroniques (puces RFID)apposées sur les poches de sang, dans lesquelles nous venons stocker les informations concernant le produit, comme l’identification ou le groupe sanguin», explique Dorian Morel, chef de projet chez Biolog-id. Si la poche est attribuée à un patient, les données sont complétées par son nom, son prénom et sa date de naissance.

 

Frigos intelligents

Les poches sont stockées dans des frigos «intelligents», munis d’un réseau d’antennes RFID. «Elles permettent la détection et la localisation, en temps réel, des poches stockées à l’intérieur, ainsi que la possibilité de lire et d’écrire des informations dans leurs étiquettes électroniques sans avoir à sortir les produits», ajoute-t-il.
Pour Amira Sarraj, médecin directeur du SRNJTS, ce système de traçabilité «n’est pas le seul, mais il est le plus abouti, car il permet de gérer les stocks à distance et en temps réel». Basé à La Chaux-de-Fonds, le service de transfusion dispose de dépôts sanguins dans divers hôpitaux, dont celui de La Providence à Neuchâtel. «Environ 25 kilomètres nous séparent, et ce dispositif permet d’attribuer, depuis La Chaux-de-Fonds, un produit à un patient et, dans le cas où il n’est pas utilisé, de le libérer immédiatement pour l’attribuer à un autre patient ou le conserver pour un usage ultérieur.»

220 fr. la poche de sang

Après 42 jours, le sang non utilisé est systématiquement détruit. C’est la date de péremption limite. En deçà, la moindre rupture prolongée de la chaîne du froid (en moyenne 4 degrés) risque de «réveiller» ces foyers bactériologiques potentiels. Raison pour laquelle, en cas de doute, les poches sorties du frigo et n’ayant au final pas été utilisées sont éliminées. «Cela représente de 5% à 15% du stock, explique Amira Sarraj. Or il ne faut pas oublier que c’est un don, les gens nous le confient pour soigner d’autres personnes, pas pour qu’il finisse à la poubelle.» A 220 francs la poche, le gaspillage saute aux yeux. Grâce à la puce RFID et aux frigos connectés, les poches sortent moins souvent, mais, si c’est le cas, leur suivi est assuré et la traçabilité de même que le contrôle de la température sont fiables à 100%. Plus de déchets inutiles donc.

Trajets limités

Autre avantage de la gestion à distance: elle limite les allers-retours de poches de sang pour rien, ce qui représente aussi des économies non négligeables dans la mesure où ces voyages se font le plus souvent en… taxi. «La température des produits est suivie lors des phases de transport grâce à l’utilisation de capteurs enregistreurs sans fil, placés dans les conteneurs, détaille Dorian Morel. Ils enregistrent la température chaque minute de la préparation du conteneur à sa réception à destination.»
Avec quelque 400 poches de sang en permanence, le service est le cœur d’un réseau d’entités publiques (hôpitaux neuchâtelois, jurassien et du Jura bernois) et privées (la Providence à Neuchâtel, les cliniques Lanixa et de la Tour à La Chaux-de-Fonds) qu’il ravitaille régulièrement. L’Hôpital de la Providence dispose en moyenne de 30 à 35 poches de sang, une quantité qui va croissant puisque l’établissement augmente ses activités de chirurgie.

Coût: 100 000 francs

L’application des puces et antennes de Biolog-id s’est faite en tandem avec la Providence pour une raison simple: la réactivité d’une structure privée, sa rapidité dans l’exécution et des moyens financiers. «L’ensemble du système coûte environ 100 000 fr., partagés entre le service de transfusion et nous, mais c’est un investissement très intéressant à terme. Nous sommes actuellement dans une phase test et ferons le point dans six mois à un an», se félicite le directeur Olivier Plachta. «Il a aussi beaucoup coûté en termes d’énergie et de ressources humaines, sourit Amira Sarraj. Tout fonctionne, nous sommes plutôt en phase de perfectionnement et d’affûtage de cet outil.»
Le succès est probant au point que des délégations d’hôpitaux suisses et français sont déjà venues voir ce qu’il en est. «Biolog-id est une société française, et la première structure à qui ils ont fourni leur système est l’Etablissement français du sang, six mois avant nous, mais nous avons réussi à le valider avant eux, appuie le Dr Sarraj avec fierté. Les organisations publiques sont plus lourdes et plus lentes que les petites entités privées.» A terme, elle souhaite que le système soit étendu à d’autres hôpitaux: «Je pense à ceux de l’arc jurassien, ou par exemple au canton du Tessin, qui fonctionne déjà sur le même schéma, mais gère les stocks à distance par fax.» En 2015, cette technologie sera présentée à l’organisation faîtière Transfusion Suisse.

ivan.radja@lematindimanche.ch
Ivan Radja

biolog-interview-dr-Sarraj.mp3

 


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